Vous êtes dans : Presse > Enviesd'ici.com

Presse

Enviesd'ici.com

Le : 20-02-2011

enviesdici
Avec leur boutique Envies d'ici, Mathieu Humez et Amaury Toulemonde veulent défendre une autre façon de consommer.

Amaury et Mathieu, jeunes entrepreneurs, lancent les courses solidaires et écolos.

Ouverte mardi à Wazemmes,la boutique Envies d'ici propose à ses clients de consommer différemment. Pas de produits exotiques, mais du local, rien que du local. Mathieu et Amaury, trentenaires lillois qui se lancent dans le commerce de proximité, ne vendent que des biens de consommation achetés à moins de cent cinquante kilomètres. Et sans négocier les prix avec les producteurs locaux !

C'est sûr, on est loin des rayons bien achalandés des grandes surfaces. Sur les petites étagères blanches d'Envies d'ici, quelques bouteilles de jus de fruits et de soupes, des bocaux de pâtés, des gaufrettes, et un minimum de produits frais. Ses créateurs, Mathieu Humez et Amaury Toulemonde, sto-ckent le moins possible et travaillent en fonction des commandes. « Avec les moyens technologiques dont on dispose, on doit penser un système différent des hypermarchés, résume Mathieu Humez. Il faut voir les tonnes de produits frais qui partent à la poubelle. » En lançant leur boutique à Wazemmes, Mathieu et Amaury veulent défendre une autre façon de consommer. Après plusieurs années à travailler dans l'informatique et la logistique, les deux jeunes gens ont donc pris un virage solidaire et écolo. Ils ont reçu le soutien de plusieurs associations, comme le Cigales de Lomme, qui encourage la création d'entreprises locales et solidaires.

« On ne va pas concurrencer Carrefour ou Leclerc, sourit Amaury. Mais on propose un système plus utile. Il n'y a que ces enseignes pour répéter que moins cher veut dire meilleur. » L'alternative ? Commencer par fixer un prix d'achat « juste » des produits fermiers, sans faire de profit sur le dos des producteurs. Une bouteille de jus de fruits est achetée 2 E à un fournisseur local, et revendue 2,50 E dans les rayons d'Envies d'ici.

« On se rend compte qu'on peut aider la société à notre échelle. » Autant dire qu'ils n'ont pas vocation à jouer les actionnaires de l'agroalimentaire. « Si notre entreprise commence à faire du chiffre, on ne prendra pas de marges importantes. Plutôt que de s'en mettre plein les poches, on versera des sommes à des projets d'aides à l'éducation, explique Mathieu. On se rend compte qu'on peut aider la société à notre échelle, de plein de façons différentes, grâce à ce magasin. » Les jeunes entrepreneurs encouragent aussi les commandes de produits sur internet, et par téléphone, « pour limiter le gaspillage ». Ils proposent même de livrer... à vélo, dans les limites de la métropole lilloise. Car l'affaire d'Amaury et Mathieu est également écologique.

Le prix de chaque produit intègre une mini taxe carbone (voir ci-dessous). Quelques centimes en plus, affichés sur les étiquettes.

L'argent collecté grâce à cette taxe est ensuite reversé à une association africaine qui fabrique des fours à bois économes au Bénin.

Des courses écologiques, utiles au nord comme au sud, un projet trop beau pour être vrai ? « On peut nous trouver originaux, mais il faut se faire confiance, se défend Mathieu. Et puis les gens en ont assez des grandes surfaces, ils ont besoin de commerces de proximité, d'un échange amical quand ils vont faire leurs courses. » Des échanges amicaux plutôt limités au début. « Des clients entrent par curiosité et ressortent en clamant que c'est trop cher. Comme si on allait les obliger à acheter quelque chose ! » Mais les deux Lillois comptent bien expliquer leur démarche et se fixer. « Nos prix ne sont pas plus élevés que dans les supérettes de quartier.

Ne reste plus qu'à mettre en avant leur concept, avant de s'implanter, pourquoi pas, dans d'autres quartiers de la métropole.

Envies d'ici, ouvert du mardi au samedi de 9 h à 20 h. 44, rue des Postes. Renseignements : Tél : 09 81 24 48 53 ou sur le site www.enviesdici.com (en ligne dans le courant de la semaine).

Voix du Nord - Par Cécile WAGNEZ - le 20.02.2011