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En 1996, Frédéric Barraud a fait le double pari de se lancer dans une activité industrielle nouvelle, et de recruter une majorité de personnes en insertion. Des choix audacieux qui, dix ans plus tard, font encore la différence !
Que recherchiez-vous auprès d'Autonomie et Solidarité à la création de votre entreprise en 1996 ?
Frédéric Barraud : En 1996, l'activité de Selva était encore originale : récupérer les déchets bois non réutilisables, comme les palettes, les déchets de chantiers, les branchages, etc., pour en faire des plaquettes et particules valorisables pour les industriels. Nous avions donc besoin d'investir dans un process industriel de collecte des déchets, de tri et de broyage. Par ailleurs, nous avions fait le choix d'embaucher majoritairement des jeunes sans qualification. Evidemment, vouloir créer et développer une entreprise oeuvrant dans le domaine des déchets et employant des personnes en difficulté d'insertion professionnelle, ce n'est pas le choix le plus rentable, tout au moins à court terme ! C'est pourquoi nous nous sommes tournés vers Autonomie
et Solidarité.
En 2001, Autonomie et Solidarité a renouvelé son engagement aux côtés de votre entreprise. Pour quelles raisons ?
Frédéric Barraud : En ce début des années 2000, nous avions du mal à trouver des déchets bois en quantité. Ni le recyclage des déchets ni la consommation d'énergies renouvelables n'avaient alors les faveurs des entreprises et des particuliers. En plus, Jean-Christophe Pelletier et moi-même n'y allions pas petitement : nous avons d'emblée voulu créer une importante plateforme de recyclage. Actuellement, nous traitons 30 000 tonnes de bois par an contre 5 000 à 10 000 pour la majorité de nos concurrents. Alors, pour faire vivre ce projet, tous nos partenaires, dont Autonomie et Solidarité, ont accepté de doubler leur participation au capital, qui est passé de 114 000 euros environ à 228 000 euros en 2002.
Votre parrain vous a-t-il également aidé dans cette montée en puissance ?
Frédéric Barraud : Oui. Dès le montage du projet, le parrain d'Autonomie et Solidarité, Gérard Werhlin, ex-directeur régional d'Elf, a ouvert son carnet d'adresses et négocié avec les grosses entreprises devenues nos actionnaires et fournisseurs de matières premières. 48 % du capital de l'entreprise est ainsi détenu par les grands groupes français du secteur des déchets : Véolia Environnement et le Groupe Suez. Les 52 % restants sont détenus par les deux associés, d'autres personnes physiques et Autonomie et Solidarité (10 %).